

Sécuriser vos données avec un freelance IT
Faire appel à un freelance IT, c'est souvent la solution idéale pour avancer rapidement sur vos projets tech sans alourdir la masse salariale. Mais voilà : dès qu'un prestataire externe accède à vos systèmes, à votre code source ou à vos bases de données clients, la question de la sécurité des données devient centrale. Parce qu'une fuite, une négligence ou un accès mal géré peut coûter cher, très cher, en réputation comme en conformité RGPD.
Alors comment collaborer sereinement avec un freelance IT tout en protégeant vos informations sensibles ? Entre clauses contractuelles, outils techniques et bonnes pratiques organisationnelles, on vous explique comment poser les bons garde-fous sans brider l'efficacité de votre collaboration.
Pourquoi la sécurité des données est critique avec un freelance IT
Contrairement à un salarié permanent, le freelance IT intervient ponctuellement, souvent en remote, parfois depuis l'autre bout du monde. Il jongle entre plusieurs clients, utilise ses propres outils, et n'est pas toujours soumis aux mêmes processus internes que vos équipes. Résultat : les risques se multiplient.
Les risques les plus fréquents
Quand vous ouvrez vos serveurs ou vos environnements de développement à un prestataire externe, plusieurs scénarios peuvent mal tourner. Un freelance peut involontairement exposer des données via un ordinateur non sécurisé, un WiFi public ou un cloud personnel mal configuré. Certains conservent aussi des accès après la fin de mission, par simple oubli ou manque de process côté client.
Puis il y a la question de la confidentialité freelance : votre prestataire travaille pour d'autres entreprises, parfois concurrentes. Sans NDA freelance IT solide, rien ne l'empêche théoriquement de réutiliser des morceaux de code, des concepts ou des informations stratégiques ailleurs.
Enfin, en cas de cyberattaque ciblant le freelance lui-même, vos systèmes peuvent devenir une porte d'entrée si les accès n'ont pas été cloisonnés correctement.
Ce que dit la loi (et ce que ça vous coûte)
Le RGPD ne fait pas de distinction entre salariés et freelances : dès qu'une personne traite des données personnelles pour votre compte, elle est considérée comme un sous-traitant au sens légal. Vous restez responsable de la protection de ces données. En cas de fuite, c'est votre entreprise qui écope de l'amende, pas le freelance.
Concrètement, ça veut dire quoi ? Que vous devez pouvoir prouver que vous avez pris toutes les mesures nécessaires pour encadrer l'accès aux données : contrat, clause de confidentialité, gestion des accès, traçabilité. Sinon, la CNIL peut vous sanctionner jusqu'à 4 % de votre chiffre d'affaires annuel mondial. Pas vraiment le genre de ligne budgétaire qu'on anticipe.
Les fondamentaux contractuels pour protéger vos informations
Avant même de donner le moindre accès à un freelance IT, le contrat doit poser les règles du jeu. Pas besoin d'un pavé juridique de 50 pages, mais certaines clauses sont non négociables.
La clause de confidentialité (NDA)
Le NDA, ou accord de non-divulgation, c'est la base. Il stipule que toute information échangée dans le cadre de la mission reste strictement confidentielle, pendant et après la collaboration. Le freelance s'engage à ne rien divulguer, ni réutiliser vos données, votre code ou vos process ailleurs.
Un bon NDA précise aussi la durée de confidentialité (souvent 3 à 5 ans après la fin de mission), les exceptions éventuelles (informations déjà publiques, par exemple), et les sanctions en cas de manquement. Idéalement, faites-le signer avant même d'envoyer le moindre brief détaillé.
La clause de propriété intellectuelle
Qui possède le code développé par le freelance ? Par défaut, en droit français, c'est lui. Sauf si votre contrat stipule explicitement une cession de droits. Cette clause doit préciser que tous les livrables, développements, documentations et créations réalisés dans le cadre de la mission vous appartiennent intégralement.
C'est crucial, notamment si vous prévoyez de revendre votre solution, de lever des fonds ou simplement de faire évoluer le projet avec une autre équipe plus tard.
Les obligations de sécurité et de conformité RGPD
Votre contrat doit mentionner explicitement les obligations du freelance en matière de protection des données. Par exemple : chiffrement des données en transit et au repos, utilisation d'outils conformes RGPD, notification immédiate en cas d'incident de sécurité, destruction des données après la mission.
Si le freelance traite des données personnelles (emails clients, informations RH, etc.), il doit signer un accord de sous-traitance RGPD (DPA - Data Processing Agreement) qui détaille ses responsabilités. C'est une exigence légale, pas une option.
Les bonnes pratiques techniques pour limiter les risques
Le contrat, c'est bien. Mais côté technique, il faut aussi verrouiller les accès et limiter les surfaces d'attaque. Voici comment faire sans compliquer la vie de votre freelance.
Principe du moindre privilège
Donnez uniquement les accès strictement nécessaires à la réalisation de la mission. Un développeur qui intervient sur une API n'a pas besoin d'accéder à la base de données clients complète, ni aux serveurs de production. Créez des comptes utilisateurs dédiés, avec des permissions limitées au scope de travail.
Sur GitHub, GitLab ou Bitbucket, ne donnez pas systématiquement les droits admin. Un accès en lecture-écriture sur les dépôts concernés suffit largement dans la majorité des cas. Même logique pour vos environnements cloud (AWS, Azure, GCP) : utilisez les rôles IAM pour cloisonner les accès.
Gestion des accès et authentification forte
Activez l'authentification à deux facteurs (2FA) sur tous les outils critiques : gestionnaires de code, plateformes cloud, outils de gestion de projet, VPN. C'est la mesure la plus simple et la plus efficace contre les accès non autorisés.
Utilisez aussi un gestionnaire de mots de passe partagé (1Password, Bitwarden, LastPass) pour transmettre les identifiants sans les envoyer en clair par email ou Slack. Et surtout, changez tous les mots de passe une fois la mission terminée.
Environnements isolés et VPN
Si possible, faites travailler vos freelances sur des environnements de développement ou de staging isolés de la production. Cela limite les risques en cas d'erreur ou de compromission. Les données de production ne devraient jamais être accessibles directement, sauf exception absolument nécessaire et tracée.
Pour les accès à distance, imposez l'utilisation d'un VPN d'entreprise plutôt qu'une connexion directe. Ça vous permet de logger les connexions, de filtrer les IP autorisées et de couper l'accès instantanément si besoin.
Chiffrement et transfert sécurisé
Toutes les données échangées avec le freelance doivent être chiffrées. Pour les fichiers sensibles, utilisez des solutions comme Tresorit, Sync.com ou même WeTransfer en mode chiffré (avec mot de passe). Évitez les pièces jointes non protégées par email.
Si le freelance doit accéder à des bases de données, imposez des connexions SSL/TLS. Et si des données sont stockées temporairement chez lui (ce qui devrait être évité autant que possible), exigez un chiffrement disque complet (BitLocker, FileVault, LUKS).
Organiser la collaboration pour garder le contrôle
Au-delà des aspects contractuels et techniques, la manière dont vous organisez la collaboration au quotidien joue énormément sur la sécurité des informations.
Onboarding et formation sécurité
Dès le démarrage de la mission, prenez 30 minutes pour briefer le freelance sur vos exigences de sécurité. Expliquez les outils à utiliser, les pratiques interdites (stockage sur Dropbox perso, partage de mots de passe, etc.), et les process en cas de doute ou d'incident.
Partagez un document de bonnes pratiques : comment gérer les accès, où stocker les fichiers, comment rapporter un problème. Plus c'est clair dès le début, moins vous aurez de mauvaises surprises.
Traçabilité et audit des actions
Activez les logs sur tous les systèmes critiques. Vous devez pouvoir savoir qui a fait quoi, quand, et depuis quelle IP. Sur GitHub, AWS, votre CRM ou votre ERP, ces données sont souvent disponibles nativement. Consultez-les régulièrement, surtout en cas de comportement suspect.
Certains outils comme Datadog, Splunk ou même CloudWatch permettent d'automatiser la détection d'anomalies : connexion depuis un pays inhabituel, téléchargement massif de données, modification de permissions critiques.
Revue régulière des accès
Ne laissez pas traîner des accès actifs indéfiniment. Tous les mois, faites un point sur les comptes externes encore actifs : sont-ils toujours nécessaires ? Le freelance est-il toujours en mission ? Sinon, désactivez immédiatement.
Idéalement, automatisez la désactivation des comptes après une période d'inactivité (par exemple 30 jours sans connexion) ou à la date de fin de contrat prévue.
Offboarding structuré
À la fin de la mission, appliquez une checklist stricte :
- Révocation de tous les accès (VPN, cloud, outils, GitHub, etc.)
- Changement des mots de passe partagés
- Récupération ou destruction des données stockées chez le freelance
- Export des logs d'activité pour archivage
- Confirmation écrite de la restitution/destruction des données
Ne faites jamais confiance à la bonne volonté seule. Même le meilleur freelance peut oublier un accès ouvert ou un fichier sur son disque dur. Mieux vaut systématiser.
Choisir le bon freelance IT : les signaux rassurants
Tous les freelances ne se valent pas en matière de rigueur sécurité. Certains signaux peuvent vous aider à repérer ceux qui prennent le sujet au sérieux.
Certifications et sensibilisation
Un freelance qui affiche des certifications comme ISO 27001, CISSP, CEH ou même une simple formation RGPD montre qu'il a investi du temps sur les sujets de sécurité. Ce n'est pas une garantie absolue, mais c'est un bon point de départ.
De même, s'il propose spontanément de signer un NDA, d'utiliser un gestionnaire de mots de passe ou de chiffrer ses communications, vous savez que vous avez affaire à quelqu'un de sérieux.
Références et réputation
Demandez des références clients, surtout dans votre secteur si vous traitez des données sensibles (santé, finance, RH). Un freelance habitué à travailler pour des entreprises régulées connaît déjà les exigences de conformité et les standards de sécurité.
Consultez aussi son profil LinkedIn, ses recommandations, et éventuellement son site ou son portfolio. Méfiez-vous des profils trop flous, sans historique vérifiable ou avec des incohérences.
Transparence sur les outils et méthodes
Un bon freelance IT doit pouvoir vous expliquer comment il sécurise son poste de travail : antivirus, pare-feu, VPN, chiffrement, sauvegardes. S'il utilise un Mac ou un PC perso pour bosser sur vos projets sensibles sans aucune mesure de sécurité, ce n'est pas bon signe.
De même, il doit accepter sans broncher vos exigences techniques (2FA, environnements isolés, VPN obligatoire). S'il trouve ça "trop compliqué" ou "inutile", passez votre chemin.
FAQ : vos questions sur la sécurité avec les freelances IT
Comment vérifier qu'un freelance respecte bien les règles de sécurité au quotidien ?
La confiance, c'est bien, le contrôle, c'est mieux. Utilisez les logs d'accès pour vérifier la provenance des connexions, l'utilisation d'outils autorisés et l'absence de téléchargements suspects. Organisez aussi des points réguliers où vous pouvez poser des questions sur ses pratiques. Si quelque chose vous semble flou, creusez. Un freelance sérieux n'aura aucun mal à expliquer comment il travaille.
Faut-il systématiquement faire signer un NDA freelance IT, même pour des missions courtes ?
Oui, absolument. Même sur une mission de deux jours, le freelance peut avoir accès à des informations stratégiques : architecture technique, roadmap produit, données clients, failles de sécurité. Un NDA se signe en 5 minutes et vous protège juridiquement. C'est un réflexe à avoir dès le premier échange, même en phase de brief.
Que faire si un freelance refuse de signer une clause de confidentialité ?
Si un freelance refuse de signer un NDA ou une clause de confidentialité, c'est un red flag énorme. Soit il ne comprend pas les enjeux (ce qui est inquiétant pour un professionnel IT), soit il a des raisons de vouloir garder les mains libres sur vos données ou votre code. Dans les deux cas, mieux vaut passer au candidat suivant. Il existe des milliers de freelances compétents qui acceptent sans problème ces garanties standard.
Comment gérer les accès d'un freelance qui travaille pour plusieurs de mes concurrents ?
C'est une situation délicate mais courante, surtout dans les niches techniques. La solution passe par un NDA renforcé qui interdit explicitement toute réutilisation de code, concepts ou informations chez d'autres clients. Cloisonnez aussi techniquement les accès au strict nécessaire, et évitez de partager votre stratégie globale si ce n'est pas indispensable à sa mission. Enfin, privilégiez les livrables en code source plutôt que des solutions packagées réutilisables ailleurs.
Combien de temps faut-il conserver les logs d'activité d'un freelance après sa mission ?
Le RGPD impose de ne conserver les données personnelles que le temps strictement nécessaire, mais pour les logs d'accès à vos systèmes, la recommandation CNIL est généralement de 6 mois à 1 an. En pratique, gardez-les au minimum jusqu'à la fin de la période de garantie contractuelle (souvent 3 à 6 mois après livraison), voire plus longtemps si vous anticipez un éventuel contentieux ou audit de sécurité. Documentez votre politique de rétention et appliquez-la de manière cohérente.
Conclusion : sécurité et agilité ne s'opposent pas
Travailler avec un freelance IT, c'est gagner en flexibilité, en expertise pointue et en rapidité d'exécution. Mais cette agilité ne doit jamais se faire au prix de la sécurité des données. Entre le cadre contractuel, les mesures techniques et l'organisation rigoureuse de la collaboration, vous pouvez parfaitement sécuriser vos informations sensibles sans brider l'efficacité de vos prestataires.
L'essentiel, c'est d'anticiper. Ne commencez jamais une mission sans NDA, sans gestion des accès claire, et sans process d'offboarding défini. Traitez vos freelances comme des partenaires de confiance, mais vérifiez quand même. Parce qu'en matière de cybersécurité et de conformité RGPD, mieux vaut prévenir que payer des amendes à six chiffres.
Chez Digitags.work, on accompagne justement les dirigeants et les équipes tech dans la structuration de leurs collaborations freelances, de la contractualisation aux bonnes pratiques opérationnelles. Parce que la sécurité, ça se construit dès le premier jour.

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